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ACCUEIL > CULTURE et CIVILISATION > Terre d'art > Eglises et monastères > Transylvanie > Peinture murale en Transylvanie ( 13e-15e s.)
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Peinture murale en Transylvanie ( 13e-15e s.)
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Du fait de la disparition de nombreux monuments anciens, souvent construits en bois, il est très difficile, sinon impossible, de définir avec précision les origines de la peinture murale transylvaine. Cependant, les échanges commerciaux, dès la fin du IXe siècle, avec le cnezat de Moravie, le Pays Bulgare et l'Empire de Constantinople, ont favorisé l'entrée du peuple roumain dans le monde artistique byzantin.

Les églises peintes les plus anciennes de Transylvanie datent du XIIIe siècle : Densus, Santa Maria Orlea, Gurasada, Strei, Streisântgeorgiu, elles sont toutes dans le département de Hunedoara. Elles nous donnent, aujourd'hui encore, un aperçu tout à fait impressionnant de la richesse artistique de la peinture murale de cette époque, qui mêle des influences gothiques et byzantines, par la rencontre d'ateliers itinérants venus d'Allemagne du Sud-Est, et d'artistes locaux formés aux arts traditionnels de Byzance

Les plus anciennes représentations connues sont des croix noires, entourées d'un cercle rouge. Ces motifs, peints dès la fin de la construction des églises, pour constituer une décoration signifiante provisoire, se retrouvent encore aujourd'hui, en particulier à Strei.

Les fresques les plus anciennes sont celles de Santa Maria Orlea ( fin du XIIIe-pemière moitié du XIVe siècle). On y reconnaît des thèmes des églises de Serbie du XIIIe siècle, alors au sommet de leur maturité artistique, mais aussi des influences stylistiques nord italiennes, en particulier dans les gammes chromatiques de rouge. Cependant la tradition byzantine des ateliers locaux est constamment présente, tant dans le costume de certains personnages féminins, que dans la composition pittoresque de certaines scènes.

L'église de Strei date de la même époque, mais sa décoration picturale est postérieure (2e moitié du XIVe siècle). La décoration picturale extérieure est d'une grande richesse, malgré les dégradations, en particulier dans la représentation du Christ sur le tympan de l'entrée ouest. Des anciennes peintures, il reste des fragments importants dans la nef et le chœur. Leur facture est plus rustique qu'à Santa maria Orlea. On note cependant des différences stylistiques importantes dans la décoration intérieure, tant sur le plan chromatique, que sur le plan du dessin .

Les peintures du chœur ont les qualités calligraphiques du monde byzantin, évoquant les miniatures ou le vitrail, et ont probablement été exécutées par des écoles locales. Il existe des similitudes stylistiques importantes avec des peintures murales répandues dans toute l'Europe, de la Scandinavie à l'Espagne, mais aussi en Cappadoce et en Egypte. Mais on ne retrouve pas la raideur des personnage, caractéristique de l'art byzantin et de l'art roman primitif. C'est probablement le même artiste qui a réalisé les peintures du chœur et le Christ du tympan ouest.

Dans les peintures plus récentes, le dessin plus discret des scènes de la nef est compensé par des variations chromatiques audacieuses, qui rappellent les innovations de la peinture italienne de la même époque, à Sienne en particulier. Cette influence est probablement arrivée par l'intermédiaire des écoles de peinture nord italiennes, installées à Prague et en Slovenie.

L'église de Strei juxtapose les courants artistiques occidentaux et orientaux qui ont traversé les écoles artistiques locales, dans un bouillonnement de recherche picturale non encore fixée sur le plan du style. Dans les églises plus tardives, la synthèse s'effectuera entre la précision du dessin et la couleur, dans une utilisation jubilatoire des nuances chromatiques, aboutissant un peu plus tard, au grand art des monastères et des églises moldaves. En effet, la menace magyare en Transylvanie, mais surtout les conditions économiques plus favorables dans le nord et l'est du territoire, ont aboutit à une migration de nombreux artistes dans le Maramures (Eglise din Deal à Ieud ), peintures de 1364) et en Moldavie, dans le Pays d'Almasu et de Fagaras. Cependant, la construction d'églises en Transylvanie ne s'arrête pas pour autant, mais beaucoup ont été, malheureusement, entièrement détruites.

Dans ce contexte, les styles d'origine occidentale, liés au catholicisme, seront peu à peu modifiés au profit d'un style plus byzantin, lié à l'orthodoxie, dans une synthèse qui aboutira à un style typiquement roumain. Le premier monument qui illustre cette évolution est l'église de Lesnic, près de Deva.

Deux styles bien distincts, d'époques différentes, y cohabitent, la partie la plus ancienne datant de la fin du XIVe siècle, la plus récente, du XVIIIe siècle. Dans les scènes de la première période, la composition est simple et claire. Ce sera le début des représentation des Saints Militaires, engagés dans la lutte anti-ottomane. De nombreux commentaires des images, en vieux slavon, attestent du rôle politico-social de l'imagerie peinte. Les moyens artistiques sont réduits au profit de l'intelligibilité du message adressé au fidèle. Des animaux sont représentés en grand nombre, recréant le monde champêtre du village roumain, évoquant l'art populaire, même si leur origine peut être rattachée au Bestiaire médiéval occidental. De plus le mélange, au niveau des thèmes, de l'histoire religieuse et de chroniques locales annonce directement la peinture murale moldave de l'époque de Stefan cel Mare. L'église de Criscior, près de Brad, est sans grand intérêt sur le plan architectural. Ses peintures datent de la fin du XIVe siècle..

Les fragments de la décoration initiale sont de facture inégale et d'un style relativement naïf., mêlant la vie des saints et la mythologie populaire roumaine. Le tableau votif, presque monochrome, sur fond blanc gris, frappe par la qualité du dessin, vigoureux et élégant. Les costumes évoquent ceux de la Serbie de la fin du XIVe siècle. Le brun, le gris et le rouge dominent. L'ensemble présente toutes les caractéristique d'un art roumain romano-gothique. Il mêle des éléments byzantins et des détails picturaux qui se rattachent à l'art populaire, en particulier dans les costumes des personnages.

Plusieurs églises, peintes au début du XVe siècle, conservent des fragments de leur décoration initiale : Streisângeorgiu, Ribita, Remetea. Mais le milieu du XVe siècle, marque un tournant dans l'évolution picturale, à la suite de la campagne anti-ottomane menée par Iancu Corvin de Hunedoara. Une collaboration s'établit entre les ateliers de peinture du Pays Roumain (Munténie) et de la Transylvanie. L'église la plus représentative est celle de Densus, près de Hateg.

L'importance des motifs décoratifs, tant dans de grands bandeaux, que dans la facture des vêtements, est très caractéristique de cette époque. Le programme pictural de Densus se retrouve dans d'autres régions, en particulier à Sucevita, en Bucovine, avec ses cohortes de Saints. Là, comme dans tout le territoire roumain, l'iconographie se soumet aux exigences symboliques, liant de façon évidente les solutions artistiques et spirituelles. Les images proposent une vision naïve, dans une expression picturale à caractère populaire, avec une intégration d'éléments uniquement décoratifs, en particulier dans les vêtements, plus accusée que dans les églises immédiatement antérieures. La gamme chromatique est plus riche, avec une connotation de préciosité tout à fait remarquable. Dans les conditions historiques spécifiques de la Transylvanie médiévale, l'iconographie des peintures murales a été le reflet très fidèle des objectifs locaux, tant religieux que politiques ou sociaux. Les thèmes développés sur les murs des églises, parlaient aux fidèles des problèmes préoccupants de l'époque, cristallisant l'unité anti-ottomane, et préparant le profond sentiment d'unité pour les Roumains des trois provinces. Les faits suivront : En 1600 Mihai Viteazul réussira l'unification des trois provinces roumaines en un seul état....

Bibliographie  :

Vasile DRAGUT : Pictura murala din Transilvania ( Ed. Meridiane - Bucuresti 1970)


Pourquoi ci, pourquoi ça,

Ne demandez pas,

ALLEZ Y VOIR VOUS MÊME....

...








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